Les adolescents adorent se lancer des défis. Cela fait partie de leur construction. C’est une manière ludique de se comparer, de prouver sa dextérité et sa bravoure.

Mais c’est aussi et surtout une manière d’obtenir de la popularité.

Cette quête de reconnaissance est normale à cet âge, mais elle a énormément été amplifiée par le numérique. En effet, là où les exploits restaient limités à sa chambre ou à la cours de son école, ils peuvent maintenant faire le tour du monde en quelques clics.

Le dernier challenge qui sévit dans les cours de récré est plutôt drôle. Il s’agit du #sacadoschallenge qui consiste à enfiler son sac à dos sans les mains. C’est le genre de défi aussi inutile que bon enfant. Jugez par vous-même.

Etre populaire au sein de son école est déjà une grande satisfaction pour beaucoup d’adolescents, mais avoir la possibilité d’être visible par des milliers de personnes et avoir son quart d’heure de gloire est extrêmement grisant.

L’intensité de la récompense immédiate est tellement importante, qu’elle peut, chez certains adolescents, altérer facilement le bon sens le plus élémentaire.

C’est pourquoi il ne faut pas non plus prendre les challenges numériques trop à la légère.

Sans aller jusqu’au très médiatique « Blue Whale Challenge » d’origine russe, qui conduisait au défi ultime du suicide, ou au mystérieux « Momo challenge » qui aurait fait plusieurs victimes à travers le monde, de nombreux challenges aux portées heureusement moins dramatiques méritent quand même une certaine attention.

Les challenges qui nous touchent plus particulièrement, sont ceux de nos cours d’écoles. Là encore le numérique n’a rien inventé, mais amplifie des phénomènes existants par la possibilité de les filmer et de les diffuser.

Le jeu du « petit pont massacreur », le jeu de la cannette, des couleurs, de l’anniversaire… Tous sont des prétextes pour donner une justification et un permis de passer à tabac un élève qui aura été choisi par le groupe. Dans le jeu du « petit pont massacreur » par exemple, c’est le ballon qui passe entre les jambes de la future victime qui par sa maladresse s‘auto-désigne involontairement aux yeux du groupe.

Certains challenges, comme le « Marave Challenge » permettent même de désigner la future victime directement à travers les réseaux sociaux.

De nombreux autres types de challenges sévissent en dehors des cours d’écoles. Même s’ils sont plus rares, ils n’en restent pas moins dangereux. Par exemple, le « Hot Water Challenge », dérivé du Ice Bucket Challenge, mais avec de l’eau bouillante… a fait quelques brûlés et un décès. Le Tide pod challenge, il fallait y penser, a pour objectif d’avaler une dosette de lessive sans s’intoxiquer. Evidemment, de nombreux cas d’intoxications ont été recensés, même en France où le CHU d’Angers avait lancé une alerte en début d’année.

Bien sûr, dans la plupart des cas, nos adolescents sont capables de discernement et heureusement les cas dramatiques sont relativement rares. Mais, la simple idée que notre enfant puisse subir des séquelles à vie de quelque chose d’aussi stupide nous fait forcément réagir.

Par la force du groupe et du besoin de popularité, il est facile à cet âge d’être pris dans une escalade qui échappe à toute rationalité.

Là aussi, la détection, la prévention et le dialogue sont les meilleurs outils pour éviter les dérapages. Encore faut-il pouvoir faire passer le bon message et au bon moment.

 

En attendant, on peut toujours se rassurer sur la nature des risques auxquels s’exposent nos adolescents lorsqu’un sac à dos challenge tourne mal…

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